Lettre ouverte de Produit en Bretagne pour une Bretagne réunifiée

Produit en Bretagne vient d’envoyer une lettre ouverte aux élus territoriaux et aux gouvernants sur l’organisation future de la Bretagne et de la France, prônant une Bretagne réunifiée et renforcée. ArMen faisant partie de Produit en Bretagne, et face à l’importance de l’enjeu – la Bretagne étant menacée dans son existence même -, nous avons décidé de la partager et de soutenir la démarche de Produit en Bretagne.

Le texte :

Produit en Bretagne
 se prononce en faveur de la réforme territoriale en cours. Celle-ci ne sera bénéfique pour le citoyen que si elle s’appuie sur des régions fortes. La cohérence en est la condition, plus que la dimension. La capacité budgétaire également. La Bretagne réunie à cinq départements est porteuse d’un projet d’avenir taillé aux dimensions de l’Europe et plébiscité par la population.

C’est une bonne nouvelle que la réorganisation territoriale qui s’annonce.Produit en Bretagne a la conviction que si elle est bien conduite, elle sera durablement porteuse de développement et créatrice d’emplois. Aussi souhaitons-nous que cette réforme promise par une longue succession de gouvernements, mais toujours reportée, soit enfin menée à son plein accomplissement. Avec toute la détermination requise, mais dans le respect des principes de la démocratie participative auxquels nous sommes attachés. Le citoyen ne doit pas être le grand oublié des découpages qui font aujourd’hui débat. La réforme n’a de sens que si elle est porteuse, dans chaque région, d’un projet qui bénéficie à la population concernée.

Nous partageons la conviction qu’une telle réforme est essentielle pour libérer l’énergie des territoires qui font la richesse exceptionnelle de la France, dans la diversité de leurs histoires et de leurs vocations. L’uniformité, ce n’est pas l’égalité, c’est l’immobilisme. C’est cette réforme qui fera entrer la France dans le XXIe siècle. Elle conditionne son rebond économique. Cet enjeu dépasse la simple lecture des chiffres. Économies, performances et emplois ne seront au rendez-vous que si les fondations de l’édifice sont saines.

Des régions fortes et cohérentes

La France a besoin de régions fortes. Elle devra apprendre à leur faire confiance.- Par régions fortes, nous entendons d’abord des régions cohérentes, unies par un sentiment d’appartenance, par un projet économique lisible qui s’appuie sur une réalité géographique, sur des pôles de compétences, sur une histoire partagée, sur une culture vivante, sur une identité et une image connues et reconnues… La Bretagne, la Normandie, la Corse, l’Alsace, la Provence… répondent à cette définition. Cette cohérence intrinsèque est un levier plus puissant que la dimension en tant que telle.

– Par régions fortes, nous entendons aussi des régions budgétairement adultes. Sans ressources budgétaires nouvelles, les régions, si vastes soient-elles, resteront économiquement impuissantes. Le budget actuel de la région Bretagne est inférieur à celui de Rennes et Rennes métropole cumulés ! C’est dix fois trop peu. À l’échelle des régions européennes, nous sommes des nains qui n’ont pour viatique que leurs bonnes intentions. Il ne s’agit pas d’augmenter la pression fiscale mais de réorganiser les flux fiscaux en faveur d’une plus grande autonomie budgétaire des régions. Nous regrettons que le débat actuel sur la réforme territoriale reste silencieux sur ce point essentiel.

La même remarque vaut pour le domaine réglementaire. Le pouvoir réglementaire, qui figure dans le projet développé lors des élections présidentielles, est l’instrument de l’adaptabilité de chaque politique régionale à sa réalité spécifique.

– Par régions fortes, nous entendons enfin des régions habilitées à prendre des décisions structurantes sur les plans économiques, environnementaux et culturels. Nous demandons que les compétences correspondantes leur soient pleinement dévolues, en même temps que les budgets correspondants.

Un enjeu d’ouverture au monde

Les organisations pyramidales ne sont pas assez agiles dans un monde changeant. Une vision plus organique de la gouvernance, plus proche de la vie réelle des territoires, sera propice au développement des talents spécifiques de chaque région. Cette diversité assumée est une condition du dialogue. Les régions fortes, à l’image de celles de nos voisins européens, vivent d’échanges et de coopérations nationales et internationales.

Un enjeu de simplification

Le mille-feuille administratif territorial fait écho au casse-tête administratif que vivent les entreprises. L’un et l’autre doivent être profondément repensés pour lever les blocages. La simplification est un enjeu majeur pour gagner en efficacité. Plus de clarté, c’est moins de coûts, moins de pertes de temps et plus de réactivité. La simplification est aussi une victoire de la confiance sur la défiance. Nous préconisons plus de liberté quant aux moyens en contrepartie d’engagements renforcés sur les résultats. C’est le droit à la responsabilité.Nous soutenons par ailleurs le projet de création d’une Assemblée de Bretagne qui s’accompagne d’une évolution du rôle des départements, à la condition que l’organisation du pouvoir régional soit, elle aussi, repensée. Les services de proximité assumés par les départements, comme la mission sociale, doivent être maintenus, quelle que soit l’organisation à laquelle ils seront rattachés. De même, la gouvernance régionale ne doit pas se traduire par l’importation, à l’échelle de la région, d’un modèle centraliste qui n’est plus de mise. Nous envisageons en Bretagne une gouvernance équilibrée qui irrigue le territoire d’Est en Ouest en répartissant les compétences (parlement, économie, numérique, culture, justice, mer…), sans créer toutefois de complexités inutiles ni de doublons. Le projet doit donc prendre en compte, de façon harmonieuse, les métropoles bretonnes, y compris Nantes. Cet équilibre territorial est essentiel à la réussite du projet économique breton.

L’enjeu de démocratie

Produit en Bretagne a la conviction que l’avènement de régions adultes est une opportunité pour favoriser le dialogue entre les entreprises et les élus, en particulier sur un territoire comme la Bretagne où le réseau de PME est très dense. C’est aussi, en conséquence, une opportunité pour rapprocher le citoyen et l’entreprise et faire comprendre que l’entreprise est l’alliée du citoyen. Cet enjeu porte en germe un véritable progrès du vivre ensemble en Bretagne comme en France.

Quel périmètre pour la Bretagne ?

C’est une question cruciale pour la prospérité de notre territoire. Rappelons que Produit en Bretagne pratique depuis 20 ans la Bretagne à cinq départements, dans toute sa cohérence économique et sociale. Aujourd’hui encore, la Bretagne administrative est la première cliente des flux routiers de marchandises venant de Loire-Atlantique, et vice-versa. Les liens économiques entre les cinq départements sont très forts et depuis très longtemps.Mais la Bretagne réunie n’a pas vocation à tourner le dos à ses voisines ni à brider le développement de Nantes-Saint-Nazaire. Il ne s’agit pas d’être plus fort pour être plus seul, mais plus fort pour aller plus loin ensemble. La réforme ne sonne pas le glas de la coopération interrégionale, elle lui donne au contraire tout son sens.
La Loire-Atlantique est un maillon indispensable à l’expression maritime de la Bretagne. Nantes-Saint-Nazaire est une clé pour l’internationalisation de nos entreprises. La Bretagne réunie se désenclavera en retrouvant son ouverture maritime naturelle. La situation péninsulaire de la Bretagne est un trésor dont nous avons perdu le sésame. 90 % des marchandises mondiales sont transportées par la mer et 20 % de ce trafic longe nos côtes sans s’arrêter !

La notoriété et l’attractivité dont la Bretagne bénéficie sont un atout important pour la Loire-Atlantique. Cette image positive et cette forte identité ont été forgées par plus de mille ans d’histoire commune. Au nom de quelle abstraction administrative devrait-on tourner le dos à cette réalité humaine. Les tour-operators ne s’y trompent pas.
C’est en Loire-Atlantique que l’on trouve le plus grand nombre de communes arborant un blason herminé. Cette réalité vivante a été mise à mal par un découpage artificiel, exécuté en 1941 aux heures les plus sombres de notre histoire, au mépris des populations concernées. Aujourd’hui encore, les populations consultées se prononcent régulièrement et très nettement en faveur de la réunification.

La Bretagne unifiée, c’est 4,5 millions d’habitants, soit une population très proche de celle de la République d’Irlande ou du Danemark. Huit des vingt-huit États membres de l’actuelle Europe et onze des seize länders allemands ont une population plus réduite !

C’est cette Bretagne pionnière que nous appelons de nos vœux. Elle est la première région agroalimentaire européenne, une région en pointe dans les NTIC, les biotechnologies, la défense, la construction navale et automobile, la formation et la culture, la santé, le tourisme, la mer sous toutes ses facettes et notamment les nouvelles énergies marines…

C’est enfin la perspective d’un projet logistique cohérent prenant en compte le transport terrestre routier et ferré, aérien et maritime.

Mobilisons-nous pour une Bretagne belle, prospère, solidaire et ouverte sur le monde, au cœur d’une république des territoires revitalisée.
Produit en Bretagne est une association forte de 330 entreprises et 100.000 salariés répartis sur les cinq départements de la Bretagne historique. Créée en 1993, elle promeut l’ensemble des savoir-faire bretons. Sa mission est de mobiliser tous les acteurs du territoire au service d’un engagement économique et sociétal breton créateur d’emplois. Produit en Bretagne mène en ce sens des actions concrètes sur le terrain dans le domaine du commerce, de la culture, de la création d’entreprises et de l’innovation sous toutes ses formes.

 

2 Réactions à “Lettre ouverte de Produit en Bretagne pour une Bretagne réunifiée”

  1. Colette Trublet

    Si tout le monde s’y met nous avons des chances de réussite. Vive la Bretagne réunifiée. B5 d’abord et avant tout.

  2. Marc Le Bayon

    Alors pourquoi ne soutenez vous pas plutôt la Chancellerie/Gouvernement de Bretagne dans le combat pour la Souveraineté de notre pays ? au lieu d’aller pleurer aux pieds de personnages qui n’ont que faire de vous…

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