Produet e Breizh, un avantur varvailhus !

Penn-da-benn ar bloaz 2013 e vo lidet gant Produet e Breizh hec’h ugentvet bloaz. Un avantur varvailhus ma ’z eus, evel ma vez embannet gant titl al levr a zo bet savet da geñver Bodad Meur ar Gevredigezh e Sant-Maloù d’an 8 a viz C’hwevrer 2013. Abaoe un dek vloaz bennak ez eus bet ganet merkoù tiriadel diouzh an druilh e Frañs hag e lec’h all. Met petra zo kaoz m’he deus graet Produet e Breizh muioc’h a verzh eget ar re all ?

 

Le monde au fond de mon panier

 

Produit en Bretagne, une fabuleuse aventure !

Malo Bouëssel du Bourg

 

Tout au long de l’année 2013, Produit en Bretagne célèbre son vingtième anniversaire. Une fabuleuse aventure, s’il en est, comme le proclame le titre de l’ouvrage sorti des presses à l’occasion de l’assemblée générale de l’association à Saint-Malo le 8 février 2013. Depuis une dizaine d’années, de nombreuses marques territoriales ont fait leur apparition en France et ailleurs. Mais comment expliquer qu’aucune ne rivalise avec le succès de Produit en Bretagne ?

Quand Produit en Bretagne a été créé en 1993, la mission qui lui a été assignée était de développer l’emploi en Bretagne sur les cinq départements en assurant la promotion et le développement du savoir-faire breton, aussi bien sur le plan économique que culturel. Des valeurs ont été placées au cœur du dispositif : l’éthique, la solidarité, le souci de l’environnement et de la qualité. À partir de ce logiciel simple s’est tissé un réseau de 304 entreprises, 100 000 salariés, plus de 3 500 produits et de nombreux services estampillés du phare dans son petit cercle jaune et bleu. La marque est connue par 97 % des habitants en Bretagne. Une image positive lui est associée : 89 % des répondants déclarent n’être jamais déçus par un achat signé Produit en Bretagne.

Pour bien comprendre comment la marque a pu rencontrer un tel succès, il faut comparer les différentes facettes de son fonctionnement avec les autres marques territoriales. Six spécificités sont ainsi mises en évidence.

 

Six spécificités

À l’inverse de la plupart des autres signatures, Produit en Bretagne n’est pas une marque de terroir, mais une marque de territoire. Bien entendu, la gamme accueille des produits traditionnels à forte connotation terroir : les crêpes, le cidre, le pâté… Mais elle comporte aussi des produits très modernes, sans rapport avec la tradition et ce que l’on appelle communément le terroir. Produit en Bretagne cherche au contraire à encourager l’innovation avec son Prix de la meilleure nouveauté. Donner du travail aux Bretons avec une exigence de qualité, voilà le plus important, que le produit soit fabriqué dans un atelier artisanal ou dans une grande usine.

Du fait de cette caractéristique, Produit en Bretagne accueille tous les métiers – les services, l’ingénierie, les écoles et les universités… – et pas seulement l’agroalimentaire, à l’opposé de la plupart des autres marques. En effet, du fait de leur savoir-faire, ils sont tous pourvoyeurs d’emploi au pays.

La très grande diversité des membres de Produit en Bretagne les incite à coopérer au sein du réseau. Gardons à l’esprit que Produit en Bretagne s’est créé par la coopération de la Scarmor (centrale d’achat E. Leclerc de Landerneau), du Télégramme et du cmb, avec un petit groupe d’entreprises agroalimentaires. Les grands magasins font donc partie des fondateurs et paient leur cotisation. C’est une troisième particularité. Il est d’autant plus facile dans ces conditions de monter ensemble des opérations promotionnelles.

Les “pères fondateurs” ont très vite compris le lien profond qui unit économie et culture. Le collège Culture & création a été fondé dès 1998. Ce n’est pas un épiphénomène. Jakez Bernard, chargé de monter ce collège, est devenu le cinquième président de l’association. De la culture naît un sentiment d’appartenance qui nourrit la solidarité. La culture manifeste aussi les traits originaux de notre identité, lesquels sont un facteur d’attractivité vis-à-vis du monde extérieur. Relier et échanger sont les deux fruits d’une culture bien vivante. Parmi les marques territoriales françaises, il n’est guère que Produit en Bretagne qui accueille en son sein les organisations culturelles.

La liberté est encore un fait saillant. Produit en Bretagne a été édifié par des entrepreneurs aimant leur pays, et non par une administration, à l’inverse de la grande majorité des autres signatures régionales. Le budget de l’association est sans doute plus modeste, mais la petite équipe qui s’en occupe fait preuve d’une formidable énergie. Produit en Bretagne est géré comme une entreprise. Le taux d’autonomie budgétaire de l’association est de 85 %. Le complément est apporté par la région et les cinq départements. Ce taux est le plus souvent inversé pour les autres marques régionales.

Enfin, dans la mesure où l’équipe salariée est peu nombreuse (sept personnes), tous les membres du réseau mettent la main à la pâte. “Anez labour, prezeg aner, kentañ prezeg a zo ober…” – Sans travail, tout discours est vain, l’action est le premier discours. Chaque année, les membres adhérents donnent mille cinq cents journées de travail à l’association. Une chose que l’on ne voit nulle part ailleurs. C’est donc une sixième exception.

 

Un héritage et un projet

Quand on analyse les six particularités qui expliquent le développement de Produit en Bretagne, on peut distinguer ce qui relève de l’héritage de la Bretagne de ce qui est à mettre sur le compte de la détermination des membres de Produit en Bretagne. Le succès n’est pas venu tout seul, il s’est construit au jour le jour et pas à pas. Rien n’était gagné d’avance. Produit en Bretagne, c’est une intention, un projet, un plan d’action et une dynamique. C’est aussi pourquoi l’association estime n’être pas arrivée au bout du chemin.

Quels sont donc les objectifs pour les vingt années à venir ? Coopérer avec les autres régions en France et hors de France ; renforcer la communauté des consommateurs autour de Produit en Bretagne en prenant appui sur un site Internet rénové, pour que chaque participant devienne un véritable ambassadeur de l’association ; porter plus fortement l’accent sur la culture et les services ; se rapprocher des jeunes qui feront la Bretagne de demain ; renforcer le niveau des engagements sur le plan social et culturel. En d’autres termes, plus d’exigence pour plus de sens. Aucun doute, les projets ne manquent pas pour les années à venir.

 

Produit en Bretagne, une fabuleuse aventure !, Les Oiseaux de Papier, 144 pages, 27,50 €.

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Une Réaction à “Produet e Breizh, un avantur varvailhus !”

  1. Nicolas

    Bonjour,
    Pour le « pâté », et d’une manière générale l’économie Bretonne, la production locale de cochons est envahissante : 8 300 000 animaux horriblement entassés comme ici : http://www.youtube.com/watch?v=MvazGbg1PIA Bien que leur intelligence, leur sensibilité et leur capacité de communication soient démontrées scientifiquement, ils sont « produits », tels de vulgaires objets dans des « fermes » concentrationnaires, avant leur mise à mort automatisée, pour ceux qui survivront les 5 années requises.
    Supposons maintenant que vous ne considérez aucune valeur à leur vie : qu’en est-il des sols malades des engrais et pesticides destinés aux cultures fourragères ? les 8 300 000 cochons rejettent 15 KG de lizier par jour, soit plus de 100 millions de litres/jour : Qu’en est-il de nos littoraux envahis par les algues vertes toxiques depuis 1971 ? Qu’en est-il des rivières contaminées par les nitrates et pesticides ? Qu’en est-il de l’air Breton dont la puanteur nous saisit régulièrement à la gorge dans nos campagnes ? Qu’en est-il de la déforestation de l’Amazonie, pour participer à la production des centaines de milliers de tonnes de tourteau de soja OGM déversées chaque année sur les ports maritimes bretons ?
    C’est l’abominable aventure d’un pan entier de la culture bretonne: Un système extrémiste déshumanisé et déshumanisant.

    « la Grandeur d’une nation se mesure à la façon dont elle traite les animaux »
    Gandhi

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