Édito – Ce n’est que le début… ArMen fête ses trente ans et c’est une joie.

Une joie, parce que avoir trente ans dans la presse, c’est le signe d’une belle persistance, d’un intérêt jamais éteint chez le lecteur, c’est le signe d’un attachement quasi affectif au titre, c’est la preuve d’une fidélité qui ne faiblit pas d’année en année. Nolwenn Faligot, jeune créatrice de mode en devenir, étudiante au Central Saint Martins College of Art and Design de Londres, danseuse au cercle Bleunioù Sivi de Plougastel-Daoulas, nourrit son inspiration de la matière bretonne, des formes, des couleurs, des structures, des détails ingénieux, curieux. Elle ne les a même pas, ces trente ans. Et déjà son talent est remarqué. Ce qu’elle souhaite, c’est exporter la Bretagne ailleurs dans le monde. Ne cite-t-elle pas la revue ArMen dans ses recherches outre-Manche ?

Val Piriou s’est éteinte à guère plus de trente ans. Un talent fulgurant. Ce sont les croquis de François-Hippolyte Lalaisse qui l’ont séduite. La styliste bigoudène a aiguisé ses aiguilles et créé une collection au début des années 1990 qui laisse encore pantois et admiratif aujourd’hui par sa contemporanéité. Trente ans signe une forme d’épanouissement dans la fleur de l’âge. Trente ans, ce n’est que le début. C’est une promesse.

Ce sont aussi des surprises. Comme celle que nous a faite Olivier Sire nous faisant parvenir un beau jour quelques clichés représentant la folle équipée, en décembre 1962, de son père Claude Sire, journaliste à Télé 7 jours, au phare d’Ar-Men. Il y a des moments de grâce. C’en est un précisément lorsque Olivier Sire, Louis Cozan, ancien gardien de phare et écrivain, et la rédaction d’ArMen, nous nous sommes retrouvés autour des clichés de 1962 à l’écoute d’une époque où les tours à feu étaient habitées par des hommes, où l’on bravait la mer dure et les courants tourbillonnants pour apporter aux gardiens de phare… un téléviseur. L’un des deux gardiens n’est autre que le jeune Jean-Pierre Abraham qui a élu ce repaire peu ordinaire et cette existence qui ne l’est pas moins, “parce qu’il vaut mieux essayer de réussir sa vie plutôt que de réussir dans la vie”. Ar-Men, “lieu propice à dépouiller l’humain de ses artifices”. Merci, Olivier Sire, pour avoir pensé transmettre, à tous, ce témoignage rare du patrimoine de la Bretagne.

Merci à vous, lecteurs, de nous suivre, de nous accompagner, de demeurer à nos côtés, de nous faire confiance. Une partie d’entre vous se sont abonnés en 1986, “à cette nouvelle revue, belle, moderne, documentée pour redécouvrir la Bretagne, du passé le plus lointain aux préoccupations d’aujourd’hui”.

“Un regard contemporain sur la Bretagne.” C’est toujours et plus que jamais notre propos, comme l’illustre à merveille la réflexion de Jean-Jacques Goasdoué, invité de la Rencontre, chantre d’une Bretagne quaternaire alliant vitalité culturelle et développement économique. Les intentions de départ n’ont pas varié. Ce qui évolue, c’est le paysage sous nos yeux en c’est ce dont nous nous appliquons à rendre compte tous les deux mois en mots et en images. C’est une revue “née d’une passion qui plonge fort loin ses racines”. Trente ans de passion. Ce n’est que le début…

Chloé Batissou

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Art
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Une Réaction à “Édito – Ce n’est que le début… ArMen fête ses trente ans et c’est une joie.”

  1. JEAN CLAUDE LE BORGNE

    Jacques FITAMANT vous a peut être entretenu d’un contact que j’avais avec une personne qui a travaillé sur le séjour de Marcel PROUST à BEG-MEIL en 1895. Il a fait un joli travail avec une sympathique iconographie. Je ne sais pas si un article tiré de ce travail pourrait trouvé une place dans ARMEN. J’ai mis jacques en relation avec cette personne Philippe DUPONT. Cordialement. JCLB

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