Édito – Plus belle pièce d’eau de l’univers

Indépendance et liberté scandent ce numéro d’été d’ArMen. L’indépendance proclamée il y a deux cent quarante ans des jeunes États-Unis d’Amérique est mise à l’honneur par l’exposition d’une envergure jamais égalée ouverte depuis le 10 juin au musée de la Marine de Brest. Nous sommes en 1776. Sur les quais de la Penfeld, l’effervescence règne. L’arsenal de la cité du Ponant se révèle le plus29 grand au monde – douze mille ouvriers y oeuvrent. Comme le relate l’historien Alain Boulaire, lorsque le corsaire écossais John Paul Jones, l’un des protagonistes de cet événement historique, franchit le goulet à bord du Ranger en mars 1778, et qu’il aborde la rade de Brest, il la qualifie tout de même de “plus belle pièce d’eau de l’univers”. À la fin du xviiie siècle, poursuit le biographe de cet aventurier des mers, Brest s’impose comme le premier port de l’Atlantique. Elle connaît l’acmé de son existence, l’apogée de son rôle stratégique.

Un passé glorieux quelque peu regretté par Patrick Le Lay qui rêve toujours d’indépendance pour la Bretagne. Après Mona Ozouf, Michel Le Bris, Yves Lebahy, Jean-Jacques Goasdoué, le président historique de tf1, bibliophile, féru d’histoire, livre ses réflexions dans la rencontre, donne son point de vue sur la région aujourd’hui, confie ses espérances et attentes pour demain. Il croit en la jeunesse, en la relève. Exprime une once d’amertume à l’égard de l’expérience tv Breizh malmenée et selon lui peu soutenue. Qui réellement y croyait ? Pourtant beaucoup se sont réjouis, l’économie de l’audiovisuel particulièrement à l’époque, c’était au début des années 2000, y a vu l’arrivée d’une manne, trop vite repartie. Nolwenn Korbell avait elle-même participé au doublage des films en breton pour la toute jeune chaîne.

“Les grands événements musicaux sont très importants en Bretagne, observe encore Patrick Le Lay. Des Vieilles Charrues aux Fêtes de Cornouaille, en passant par le Festival interceltique, leur succès et leur retentissement sont considérables. Ils portent en eux-mêmes cette dimension du rêve breton, du rêve de l’aventure relayé au niveau de l’écrit par le festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. On pourrait presque dire que la Bretagne baigne dans le culturel. C’est notre manière de rester immortel.”

Chloé Batissou

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