EDITO – Porter sa langue loin et longtemps

Il y a sur la toile cette vidéo sensible de l’auteur, compositrice, interprète et comédienne multilingue Nolwenn Korbell, alors récompensée du collier de l’Hermine en septembre 2016, dont Michel Toutous avait réalisé le portrait dans ArMen l’été de cette même année. La chanteuse bretonne à vocation contemporaine et universelle y énonce avec ferveur et une émotion contagieuse son amour de la langue bretonne : “Oui, il m’importe de parler breton, d’entendre parler breton, de le lire, de l’écrire, de le chanter, de faire en sorte, à ma manière et avec mes moyens, de faire sonner et vivre cette langue aussi longtemps que possible. Ma langue me remue les tripes et le coeur parce qu’elle me relie à mes grands-mères, à mes ancêtres, à mes parents, à mon fils, à mes amis, à ma terre. Quand je parle breton, j’ai le sentiment de faire vivre ceux qui ont été et m’ont donné un bout d’eux-mêmes,
de leur manière de dire le monde par la langue. Ils m’ont donné aussi la curiosité, l’appétit de l’autre que je ne connais pas, qui ne parle pas pareil et dont je voudrais connaître l’histoire, la poésie. Parce qu’il s’agit là bien d’une affaire de poésie, de respiration, de musique, d’humanité, de paysage et du monde. Où est le mal à vouloir porter ça ? À vouloir porter sa langue loin et longtemps ? Aucun. Alors merci. Mersi bras.”

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