Edito – De longue haleine…

“À tous points de vue, la Bretagne était un paradis…” C’est un homme bien mystérieux que nous vous présentons dans la rencontre, une personnalité à plusieurs facettes, qu’il n’a pas été évident d’amadouer pour pouvoir relater les grandes lignes de sa vie et de son itinéraire. L’homme est discret. Sous le nom de plume Jean-Luc Bannalec, celui-ci a commis plusieurs romans policiers depuis 2012 se déroulant en Bretagne, sa terre d’adoption, son pays de coeur, qui ont très rapidement connu le succès. Diverses théories, différentes suppositions ont fusé à son égard. Et puis peu à peu, la carapace s’est fendillée, le masque est en partie tombé. Connu en Allemagne, sa terre d’origine, sous le nom de Jörg Bong, directeur d’une grande maison d’édition, Jean-Luc Bannalec a donné naissance à un héros, le commissaire Dupin, qui arpente les coins les plus réputés − Pont-Aven, la Côte de Granit rose, les marais de Guérande − mais aussi les plus secrets de Bretagne, dans l’espoir de dénouer les intrigues et de découvrir le pot aux roses. Grand amateur de poissons − rien de tel qu’“une belle sole dorée au beurre salé” – et de fruits de mer, il avance souvent par intuition, guidé par un flair infaillible. S’en inspirant, Christian Campion s’est engouffré dans les enquêtes du commissaire Dupin afin de découvrir et décrire qui se cache derrière les mots. Enthousiasmé par la revue ArMen, Jean-Luc Bannalec a souhaité nous confier en exclusivité le discours de remerciement prononcé alors qu’en août 2016 il était honoré du titre de mécène de Bretagne.

“L’idée pour moi a toujours été de créer une sorte de petite encyclopédie de la Bretagne : son histoire, sa culture, son patrimoine, ses paysages, ses habitants − sa puissance et sa richesse énorme et tellement productive… Alors il y a beaucoup d’expériences directes et personnelles dans les livres − d’innombrables voyages en Bretagne −, mais aussi beaucoup, beaucoup de recherches, j’ai lu un grand nombre de livres sur la Bretagne. Dans notre maison bretonne comme à Francfort, il y a une grande bibliothèque bretonne…” C’est un autre regard sur notre région qui a été posé par le photographe berlinois Mathias Bothor. Une douzaine de séjours lui ont été nécessaires pour vagabonder et retranscrire sa vision de l’âme maritime. Les prises de vue sont inhabituelles. La lumière inattendue. Les portraits expriment une rare intensité. Un autre formidable témoignage et hommage.

Un travail décidément de longue haleine, comme a été celui du journaliste scientifique Nicolas Guillas qui, depuis deux ans, suit le chantier mené par l’archéologue Nicolas Naudinot, défricheur du site archéologique du Rocher de l’Impératrice en presqu’île de Plougastel-Daoulas. Les trouvailles sont exceptionnelles. La première grande surprise apparaît le dernier jour de la fouille de 2013, le 19 juillet en fin d’après-midi… Datant de plus de quatorze mille ans, les plus anciennes traces artistiques dans notre région sont exhumées. C’est une histoire d’hommes à travers le temps, une histoire de patience, beaucoup de persévérance, d’épreuves surmontées, et d’endurance. Les investigations se poursuivent. Nous sommes heureux, à ArMen, de pouvoir publier et porter à la connaissance ce trésor.

Chloé Batissou

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